Merci Corinne Atlan, David Bellos, Christophe Claro, André Markowicz, Khaled Osman et Philippe Picquier
Ce midi-là, j’ai mangé à la Porte de Versailles, dos aux rails du T3, tête au soleil et poumons à fond dans la pollution ambiante. Il faisait si beau que j’ai bien failli ne pas retourner aux deuxièmes Rencontres de la traduction, organisées dans le cadre du Salon du livre de Paris 2012.
Je sortais d’une table ronde sur la littérature japonaise(1) et j’attendais l’heure pour assister à un atelier du traducteur(2).
Pourquoi vous parler de ces deux tables rondes en particulier? 
Parce que pour la première fois de ma vie, j’ai vraiment eu envie de suivre des traducteurs, et non des écrivains ou des éditeurs. Pourquoi? Parce que j’en ai rencontré qui m’ont parlé de leur passion, de leur travail et de leur parcours. J’ai noté ce qu’ils disaient comme j’aime noter des passages des romans que je lis. Pour la première fois, j’ai fait passer le traducteur avant l’auteur ou la maison d’édition.
Pour la première fois depuis longtemps, j’ai eu envie de découvrir d’autres littératures, donc d’autres cultures,sans nécessairement passer par leur langue dans ma langue maternelle. J’ai eu envie de lire des traductions, moi qui privilégie habituellement l’original.
Ces deux tables rondes m’ont permis de comprendre avec mes tripes ce que j’entends depuis un an que je participe à des rencontres de traducteurs : « Il faut vous faire entendre, vous, traducteurs littéraires et non littéraires. Il faut que vous fassiez connaître votre métier. Il faut que vous participiez aux émissions littéraires à la télévision. Il faut que vous parliez à la radio lors de la sortie d’un roman traduit d’une langue étrangère. Il faut que vous sortiez de l’ombre. »
Alors je remercie ces traducteurs panélistes (et l’éditeur) qui ont allumé une petite étincelle en moi, et dont j’ai hâte de découvrir les écrits :
Christophe Claro, traducteur de l’anglais, écrivain et éditeur
Corinne Atlan, traductrice du japonais
David Bellos, professeur de littérature, traducteur du français et écrivain, notamment de Is that a fish in your ear? Translation and the meaning of everything qui est sorti récemment en version française : Le poisson et le bananier. Une histoire fabuleuse de la traduction (traduit par Daniel Loayza).
André Markowicz, traducteur passionné du russe, qui ne traduit pas des mots, mais des émotions, une culture, et qui m’a donné envie de lire Dostoïevski et de vivre Pouchkine.
Khaled Osman, traducteur de l’arabe. De lui, je retiens cette observation très juste : il y a beaucoup trop de pays qu’on ne connaît que par l’actualité. Pourquoi ne pas les découvrir par la littérature, par le biais de la traduction?
Patrick Honnoré, traducteur du japonais. « Le manga, c’est un voyage au Japon sans payer le billet. »
Et, enfin, l’éditeur Philippe Picquier, dont la merveilleuse maison d’édition nous permet de « voyager en Asie sans payer le billet » (à noter la possibilité de rechercher des œuvres par le nom de l’auteur, de l’illustrateur ou du traducteur).
(1) Traduire la littérature japonaise, enjeux et défis. Quelle est la place de la littérature japonaise en France? Quelle transposition, quels ajustements nécessitent en version française la littérature classique d’une part, l’hypermodernité d’autre part – y compris les mangas? Editeurs et traducteurs échangeront états des lieux, réflexions et expériences sur ces problématiques. Table ronde avec Corinne Atlan (écrivain, traductrice), René de Ceccatty (auteur, traducteur, directeur de collection), Patrick Honnoré (traducteur), Philippe Picquier (éditeur) et Daniel Struve (traducteur). Animé par Cécile Sakai (traductrice, professeur).*
(2) L’atelier du traducteur. De l’art du traduire : des approches contradictoires ? Un dialogue entre de grands traducteurs confrontant leur approche, leur expérience, leurs méthodes. Atelier de traduction en public, ou master class de prestige, quatre professionnels y partagent leur vision de la traduction, leur façon d’appréhender cette activité, l’évolution de leur pratique, les principes qu’ils ont adoptés… Table ronde avec David Bellos (écrivain, traducteur, professeur), André Markowicz (écrivain et traducteur), Khaled Osman (écrivain et traducteur), Julie Sibony (traductrice). Animé par Christine Ferniot (Critique littéraire, Télérama).*
* Descriptions tirées de la page des deuxièmes Rencontres de la traduction, organisées dans le cadre du Salon du Livre de Paris 2012.

Merci de ce commentaire, que je poste immédiatement sur le groupe Facebook des Rencontres de la traduction!
Juliette Joste
Ce sont aussi les deux tables rondes que j’ai préférées.
De manière plus générale, je trouve toujours paradoxal que les traducteurs eux-mêmes soient si peu consommateurs de traductions.
J’ai longtemps préféré lire les versions originales. C’était pour moi un moyen de pratiquer une autre langue que la mienne. Aujourd’hui, la lecture de traductions me permet non seulement de découvrir des cultures qui me seraient inaccessibles autrement, mais aussi de parfaire mon propre travail de traductrice. Mais j’ai mis des années à me rendre compte de l’importance de cette « école ». Pourtant, dans la vie, j’ai besoin qu’on me montre pour apprendre. Pourquoi pas en traduction et en adaptation?